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samedi 21 novembre 2015

Poêle à bois à bord du narrowboat (Episode 7) : Pose d'un réflecteur en carrelage





Choisir un carrelage



Maintenant que les parois isolantes ont été installées, il n'y a plus qu'à les recouvrir de carrelage pour créer un réflecteur autour du poêle et accroitre l'isolation des parois.

Mais avant de poser ce carrelage, il faut déjà le choisir !

On part donc d'un intérieur en bois, couleur chêne doré, un poêle émaillé bleu foncé et vert clair, un peu de laiton (appliques, poignées portes, etc.) et un canapé en patchwork dans les tons bleus. Il faut donc du carrelage qui s'accorde avec tout cela sans attirer trop l'attention car je souhaite que ce soit le poêle à bois qui se détache du reste... Pas simple finalement !

Après avoir visité une dizaine de magasins spécialisés, vu des kilomètres de carrelages dont certains dépassent 600 euros le m2, j'ai pu tirer quelques enseignements :

- pas de blanc, ça fait cuisine !
- pas de bleu ou de vert qui se rapprocheraient trop du poêle émaillé car je n'arriverai pas à trouver la teinte exacte et ce serait moche...
- pas de grandes plaques car j'ai moins de 2 m2 et il n'y aurait que des plaques découpées, donc pas très jolies...

Après toutes ces visites, j'ai retenu trois carrelages très différents : le premier du genre Métro, dans les tons verts, un autre composé de mosaïques de verre, dans les tons marron qui me plaisait également et le dernier était composé de faïence italienne dans les tons bleus/verts.

C'est dans un magasin spécialisé dans le carrelage à Bagnolet (93), CMR Aubade, que nous avons trouvé notre Graal !  Nous sommes tombés sous le charme du 3ème, la faïence italienne. D'autant que mon marin n'aimait pas la mosaïque, ce qui éliminait le deuxième choix et quant au premier, le carrelage type Métro, il me semblait difficile à découper sans faire des éclats, n'était disponible que dans un délai de 2 à 3 semaines et au final, ne faisait pas très intérieur "anglais". Alors nous avons choisi l'italien ! :D

Bon, il y avait tout de même un hic : la faïence choisie se vendait au carreau ! du coup, pour les deux m2, la facture se révélait astronomique ! alors nous avons utilisé un système de panachage que nous avions aperçu dans l'espace "exposition" du magasin : en choisissant un autre carreau neutre se mariant avec la faïence, nous pourrons les poser en alternance et ainsi diviser la facture par deux. Même ainsi, elle reste conséquente pour 2m2 de carrelage ! mais nous allons l'avoir tous les jours sous les yeux et il y a peu de chances que nous le retrouvions sur un autre bateau :)

Voilà, le carrelage est choisi, acheté et stocké. Reste à s'approvisionner en consommables : les croisillons que j'ai choisi en 4mm pour mettre en valeur la faïence, la colle, l'enduit pour les joints et quelques outils que je n'ai pas.


La pose 


C'est une première pour moi car je n'ai jamais posé de carrelage. Quelques vidéos faites par des sites de bricolage (merci youtube !), quelques conseils de copains et il a bien fallu se lancer !





Le plus difficile, je trouve, a été de préparer la mise en place du carrelage : en fonction de la taille des carreaux, de celle du support et de la présence d'un angle rentrant, il faut agencer les carreaux pour que les découpes soient au bon endroit, prévoir la répartition des séries de carreaux de couleur. Les courbes du bateau ne facilitent pas la pose du carrelage. Il n'y a pas d'angle droit et il est difficile de prendre un niveau horizontal correct.

Je me suis donc servi d'un "niveau relatif" ! Choisissant une ligne droite de référence, la plinthe horizontale qui va de l'avant à l'arrière du bateau, je me suis efforcé de calculer la position de chaque ligne de carreaux pour qu'elle soit parallèle à cette plinthe.

Ces calculs effectués et matérialisés par quelques coups de crayons sur le placo, j'ai fixé deux tasseaux pour me servir de guide lors de la pose de la première ligne de carrelage.




Une fois que cette étape a été réalisée, la pose a été très rapide : j'ai utilisé de la colle toute prête en pot. La répartition de la colle se fait avec un genre de peigne métallique. Cette colle se travaille bien et elle me laisse une vingtaine de minutes pour positionner les carreaux : un carreau, des petites croisillons, quelques coups de maillet en caoutchouc et je passe au prochain carreau. Ligne après ligne, le carrelage s'accumule sur ce premier pan de mur. Je suis satisfait de ce choix de carrelage, il rend très bien.





J'ai choisi une pose droite, délaissant la pose diagonale ou en décalé. Cette pose droite est un peu plus classique mais elle est très bien pour les petites surfaces et les dimensions de mon carrelage. Comme je mélange les faïences de couleurs (bleu/vert) aux carreaux neutres, la pose droite et les joints de 4mm feront ressortir la qualité de la faïence.

La pose de carreaux sur le premier pan de mur étant achevée, je m'attaque au petit pan prés de la porte d'entrée avant. Là, plus aucune référence horizontale puisqu'il n'y a pas de plinthe. Alors, je m'aide d'un niveau sur lequel j'ai tracé un repère au crayon gras sur la bulle en fonction de sa position lorsque le niveau est positionné sur les lignes de carreaux du pan de mur déjà posées.

Je parviens ainsi à fixer un tasseau et quelques repères pour faciliter la pose des prochaines lignes. Cela fait, c'est reparti : encollage, pose des carreaux et des croisillons, quelques coups de maillet. C'est rapide, encore que je perde du temps à repositionner les croisillons que les coups de maillet, portant portés doucement, ont tendance à déloger. La parois en bois du narrowboat vibre lorsque j'utilise le maillet et les croisillons tombent ! Ca fait partie des petits impondérables du débutant :)
Un autre impondérable que je n'ai pas mentionné : les très fines cales en plastique qui sont collées au verso des carreaux afin qu'ils ne s'abiment pas lorsqu'ils sont stockés en carton, les uns sur les autres.
Lorsque j'ai encollé les premiers carreaux, je ne les ai pas vu ces cales et je trouvais bizarre cette différence de niveau contre le mur :) 

Une fois les derniers carreaux posés sur ce second pan de mur, il ne restait qu'à attaquer la pose des carreaux dans l'angle rentrant. Là, plus de carreaux entiers, il a fallu les découper en diagonale car l'angle n'est pas droit.




Cette étape est facilitée par le matériel que m'a prêté Nicolas, le gardien du port. Comme il pleut, j'ai installé la table à découper dans le fourgon, sur le quai, comme un atelier ! C'est vrai qu'il n'y a pas la place de faire cela à bord.




La scie électrique est d'une efficacité redoutable, elle pulvérise de l'eau pour faciliter la coupe et éviter de faire de la poussière. Même sur les fragiles carreaux de faïence, je n'ai pas fait un seul éclat ! Excellent ! Nico, si tu me lis ! Merci ;)




C'est une étape qui est longue car je vérifie deux ou trois fois mes mesures pour ne pas gâcher de carreaux. Et puis, pour chaque découpe, il me faut sortir du bateau, aller dans le camion, faire la découpe, et remonter à bord. Là, je n'encolle plus le mur mais le carreau lui-même. Je n'ai plus qu'à le poser, mettre les croisillons et je passe au suivant.



Une fois que cet angle a été terminé, je suis revenu au premier pan de mur. J'ai retiré le tasseau vertical qui m'avait servi de repère pour positionner les premiers carreaux. Il y a juste une dernière colonne de carreaux entiers à poser, aucune découpe alors c'est vite réalisé.




Cette première journée s'achève là-dessus. Elle m'a permis de poser 56 carreaux ! Bon, ok, c'est pas beaucoup pour une journée de travail ! Heureusement que je ne gagne pas ma vie ainsi ! :)



Et je reviens en seconde journée !



La seconde journée a été consacrée aux découpes, et il y en a eu des découpes surtout avec le coffre cachant les tuyaux de chauffage ! Cela a augmenté le nombre d'aller/retour effectués jusqu'au camion-atelier où j'avais mis la scie à carrelage.

J'ai donc scié 7 carreaux en longueur et légèrement en diagonal pour faire la petite marche puis 7 autres pour faire la contre-marche. 




Le challenge était de faire attention à l'encollage car ce coffre est censé pouvoir s'enlever afin que je puisse accéder aux tuyaux de chauffage qu'il cache en cas de nécessité. Il serait dommage de casser le carrelage en cas de fuite d'eau par exemple !

Le coffre en lui-même n'a rien de très compliqué mais il faut faire attention à la prise des mesures et au découpage. L'encollage lui, se faisant carreau par carreau pour éviter que la colle ne sèche pendant que je m'escrime à prendre les bonnes mesures ou que j'utilise la scie. 

Pour bien faire, nous avons eu une météo exécrable en ce deuxième jour et c'est sous des trombes d'eau que j'effectuais les aller/retours jusqu'au camion. Du coup, j'ai maculé de boue et d'eau l'entrée avant du narrowboat :(

Voilà, la pose est presque finie ! Il ne me restait plus qu'à poser les 3 derniers carreaux, eux aussi découpés, et à les placer sur la ligne qui est au ras du sol.
Le carreau le plus à droite a mérité un peu plus d'attentions que les autres car il nécessitait un découpage particulier en angle droit afin de pouvoir se positionner sur le bord du coffre dissimulant les tuyaux de chauffage.

Et voilà, 18 autres ajoutés au premier, le total se porte donc à 74 carreaux. Mon matelot avait très bien calculé la surface car il ne me reste qu'un carreau en faïence et 4 carreaux beige :)




Le fait de travailler les portes ouvertes a fait chuter la température à bord. En l'espace d'une journée, nous sommes passés de 16 ou 17 °C à l'extérieur à 8 ou 9°C ! Du coup, cela s'en ressentait sur la température intérieure et une fois les découpes terminées, j'ai refermé et allumé le chauffage pour que la colle puisse sécher plus facilement. 
Cette seconde journée ne suffira pas, il faut en effet attendre que tout sèche avant de poser les joints, ultime étape avant un bon nettoyage.



Les joints !


Non, la fatigue ne me pousse pas à consommer des stupéfiants :) J'évoquais la colle que l'on met entre les carreaux de carrelage en finition.

Le troisième jour commence donc par la préparation de la colle à joints: un paquet d'1kg de poudre pour 0,3 litre d'eau. Le tout bien mélangé avec un malaxeur fixé au bout de ma visseuse...

Premier constat, le mélange est trop épais et se pose difficilement avec ma spatule. Du coup, j'ai ajouté un peu d'eau et la suite s'est mieux passée.

Mettre l'enduit dans les rainures en les essayant de bien les combler, lisser avec une raclette en caoutchouc, en diagonal pour ne pas abimer les joints tout frais. J'ai utilisé ensuite des chiffons pour frotter les carreaux, en rond, et ôter le plus gros des traces d'enduit. Il faut aller assez vite car l'enduit sèche commence à sécher au bout d'une vingtaine de minutes. Du coup, il y a pas de photos de cette étape !

Ensuite, j'ai passé quelques coups d'éponge humide avant de rependre un chiffon et de nettoyer les bords des carreaux, un par un. C'est long mais le résultat rend bien.




La couleur de l'enduit est plus grise que le beige que nous avions escompté mais au final, cela donne une touche un peu ancienne, rustique, qui me plait.

Je vais attendre que tout sèche bien et dans la semaine, je passerai un produit pour ôter le voile laissé par les résidus d'enduit et de colle. 
Il me reste encore à poser des baguettes en bois pour faire l'encadrement.

Mais je peux dores et déjà prendre rendez-vous avec la société qui viendra percer le toit du narrowboat et poser le poêle à bois ! Ca tombe bien, les températures sont en chute libre et la météo annonce des gelées pour la semaine prochaine ! :)




 







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