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dimanche 25 février 2018

"Les Mariniers, observations vécues" de Jacques Valdour (1914)




Jacques Valdour (1872 - 1938) est une personnalité étonnante. 
Issu d'une famille aisée, il aurait pu vivre éloigné de la pauvreté du siècle dernier en poursuivant les voyages entamés dans son enfance (Europe, Chine, Siam, Syrie, Inde, Egypte, etc.). Déjà, plutôt que de vivre d'hôtel en hôtel, il avait vécu plusieurs mois à la mode indigène à bord d'une barque sur le Nil...
Contemporain des grèves de 1886, comme celle des mineurs de Decazeville dans l'Aveyron, il fut sans doute marqué par les incidents graves qui les émaillaient. Si les ouvriers se révoltent, se disait-il, c'est qu'ils ont de fortes raisons de se plaindre. Quelles sont ces raisons ? il voulut les connaitre.
Pour se faire, il passe la plus grande partie de ses vacances universitaires à vivre et à travailler parmi les ouvriers. Après ses études, il passera plusieurs années avec eux, vivant comme eux, uniquement de ses gains, afin de mieux sentir la crainte du chômage, des petits salaires, de la faim et de la misère des logements.
Docteur en droit (1897), en sciences politiques et économiques, licencié en lettres et philosophie (1898), docteur en médecine (1905), en sciences naturelles (1909), Jacques Valdour fut tour à tour teinturier à Roanne, marinier sur les canaux du Nord, moissonneur en Beauce, vendangeur dans le Languedoc, mineur à Saint Etienne, manoeuvre sur le carreau de la mine à Lens, Chauffeur-conducteur à Roubaix, tourneur à Saint Ouen,  manoeuvre dans la métallurgie et dans la mécanique à Saint Denis, Billancourt, etc. mais aussi ébéniste à Paris, cordonnier à Romans et cheminot à Saint Pierre des Corps.

Une citation résume son état d'esprit : "je me fis ouvrier pour tacher d'entrer dans leur âme, de devenir l'un d'eux, de sentir sur moi-même ce dont ils pouvaient souffrir, de trouver par le chemin de leurs peines la direction de leurs espérances".

Une telle expérience sociale se traduira par plusieurs études et l'édition d'ouvrages sous sa véritable identité et sous plusieurs  pseudonymes : Dr Louis Martin, "Tym Floc", "Nic". Pendant plus d'une trentaine d'années, il rédige des livres qui dénoncent la misère des ouvriers.
Ses écrits furent diversement appréciés. Il est difficile de nos jours d'en connaitre l'impact à l'époque, d'autant que la politique s'en mêlait et comme Jacques Valdour semblait avoir des penchants royalistes, il ne faisait pas l'unanimité.
Il est à noter toutefois qu'un de ses contemporains, René de Planhol, homme de lettres, déclarait : "ce serait une fortune pour les historiens d'être renseignés sur les conditions de la vie laborieuse dans le passé comme l'oeuvre de M. Jacques Valdour fera connaitre aux érudits de l'avenir l'existence ouvrière de notre temps".

Et oui... rares étaient les ouvriers qui pouvaient en ces temps rédiger eux-même et décrire leur vie, leurs peines et misères... 
Un ouvrier aurait peut être témoigné différemment de sa vie mais les écrits de Jacques Valdour sont sans doute ceux qui se rapprochent le plus de la vie de l'ouvrier car sur le moment, il "vivait cette vie". Un genre de "journalisme d'investigation" avant l'heure. Son témoignage est donc précieux pour nous qui arrivons plusieurs générations après cette époque.

Pour en revenir à notre centre d'intérêt, le fluvial, Jacques Valdour travailla aux côtés des mariniers et il rédigea un ouvrage : "Les Mariniers, observations vécues" publié en 1914. 

J'ai trouvé une seconde édition de ce livre sur un site américain d'archives. Vous pouvez le consulter en ligne ici et même le télécharger (pdf, epub, kindle, etc.). Ce site propose d'ailleurs la plupart des études de cet auteur (Ouvriers parisiens d'après-guerre - 1921 ; L'Ouvrier agricole -1919, etc.).

Dans cette seconde édition, l'auteur passe la première partie du livre à expliquer sa méthode et à répondre à des points soulevés par les critiques. Ses observations de la vie marinière ne commencent qu'à la page 65...
Cet ouvrage figure également sur le site de la bibliothèque nationale de France et on peut le consulter en ligne : ici. Cette version est touefois amputée des 65 premières pages que j'évoquais plus haut, pourtant il s'agit bien de la seconde version également.










Sources :
- https://www.actionroyaliste.fr/jacques-valdour/
- https://www.idref.fr/034407855
- http://royalismesocial.canalblog.com/archives/2008/08/27/10371528.html
- https://archive.org/
- http://gallica.bnf.fr/

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